
Pièces de Bedinghman, Cooke, Damett, Dunstable, Power,
anonymes du XVe siècle.
« The Invisible Kingdom » (2004) de Thierry Machuel
Ce programme, construit sur le thème du passage tant musical que spirituel, associe la polyphonie conçue dans le cercle de Jean de Lancastre, Duc de Bedford au XVe siècle et celle, contemporaine de Thierry Machuel, afin d’en souligner les liens, affinités ou ruptures.
Le XVe siècle est une période de transition où le monde médiéval cède peu à peu la place à la Renaissance. En cet « automne » du Moyen Âge apparaît en Angleterre un style nouveau. On quitte l’architecture limpide des quartes et des quintes pour glisser avec douceur dans un monde où les tierces et les sixtes sont des intervalles privilégiés et consonants.
C’est la « Contenance angloise »,
qui influencera toute l’Europe musicale.
Au XVe siècle, la technique
de composition change fondamentalement. Dans cette nouvelle esthétique,
chacune des voix doit entretenir des rapports consonants avec toutes les
autres, restreignant ainsi l’usage des dissonances. Lignes souples,
raffinées honorent la Rose des Roses, Marie et son reflet terrestre,
l’Amoureuse.
Pour sa pièce « The Invisible Kingdom », Thierry
Machuel a choisi des textes de la poétesse anglaise Katleen Raine
(1908-2001), dont l’héritage spirituel vient de Blake et de
Yeats, auxquels elle a consacré de nombreux essais. Les pièces
anciennes de ce programme proviennent de différents manuscrits continentaux,
en particulier Modena, Bologna, Florence, Münich, Aoste et Trente, ainsi
que du manuscrit d’Old Hall. La plupart sont paraliturgiques et écrites à partir
d’antiennes mariales ou d’hymne provenant du rite de Sarum (forme
liturgique anglaise du XVe siècle).
• Programme pour cinq chanteuses